On ne peut pas étudier la mafia de manière pertinente sans analyser la société dans laquelle elle est née et s'est développée. La Sicile, en particulier sa région occidentale, peut être définie comme une société mafiogène (c'est-à-dire productrice de mafia) en raison de certaines caractéristiques, telle que l'acceptation, par une grande partie de la population, de la violence et de l'illégalité ; la faiblesse de l'économie légale ou la fragilité du tissu social.
Pour autant, on ne doit pas oublier que cela n'est ni le produit d'un immuable ethos (au sens de "familisme amoral" de Banfield) ni celui d'un incivisme ancestral (la thèse de Putnam). La Sicile a connu d'importantes luttes populaires contre la mafia, à partir de celles des "Fasci" siciliens (1891-1894 : organisations politiques de paysans contre les grands propriétaires) à celles des masses paysannes au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes et causé des centaines de morts.
Leur défaite, qui a forcé à l'émigration des millions d'individus, s'explique non seulement par la réaction violente des propriétaires terriens et des mafiosi, mais aussi par la complicité des institutions locales et centrales.
Pour autant, on ne doit pas oublier que cela n'est ni le produit d'un immuable ethos (au sens de "familisme amoral" de Banfield) ni celui d'un incivisme ancestral (la thèse de Putnam). La Sicile a connu d'importantes luttes populaires contre la mafia, à partir de celles des "Fasci" siciliens (1891-1894 : organisations politiques de paysans contre les grands propriétaires) à celles des masses paysannes au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes et causé des centaines de morts.
Leur défaite, qui a forcé à l'émigration des millions d'individus, s'explique non seulement par la réaction violente des propriétaires terriens et des mafiosi, mais aussi par la complicité des institutions locales et centrales.